22/01/2018

Seniors et emploi : Genève doit être plus ambitieux !

Pourquoi les autorités genevoises n’accordent-elles pas plus d’importance aux seniors dans le monde du travail ?

genève seniors,emploi,chômagePourtant, avec près de 85'000 actifs âgés de 50 à 64 ans[1], l’Etat doit prendre en compte leurs situations sur le marché du travail. Ceci d’autant plus qu’à l’horizon 2050 près de 25% des salariés en activité seront âgés de 55 ans et plus[2]. En novembre 2017, 22.2% des chômeurs genevois étaient des seniors. Mais plus inquiétant, entre 2014 et 2015, les seniors représentaient 33% du total des chômeurs de longue durée[3]! Genève doit donc retrousser ses manches et proposer des solutions. Les seniors ne doivent pas se sentir abandonnés dans le domaine de l’emploi. Ils doivent être inclus dans une société active et avoir des perspectives d’engagement. Il incomberait aux politiques et aux entreprises de mettre en œuvre les conditions le permettant. 


Pourtant, retrouver un emploi reste toujours plus difficile pour les seniors, notamment parce que l’environnement professionnel a évolué avec les nouvelles technologies informatiques et robotiques.  Au niveau suisse, pour les seniors, la durée de recherche est 1,5 fois plus longue que la durée moyenne et 2 fois plus longue que celle des demandeurs d’emploi de 15 à 24 ans[4]. Ce n’est pas une nouveauté, mais ça ne devrait pourtant pas être une fatalité.

Des solutions existent ! Faut-il encore avoir l’ambition de les mettre en place… Augmenter la formation continue et en particulier la formation qualifiante des seniors ; créer une plateforme cantonale réunissant des jeunes en emploi bénévoles et des seniors à la recherche d’un emploi, les premiers aidant les seconds ; développer un concept Tandem (à l’instar de ce qui se fait déjà dans les cantons de Saint-Gall, d’Argovie, Bâle-Campagne et Schaffhouse) qui met en relation un demandeur d’emploi de plus de 50 ans et un mentor expérimenté et bien ancré dans le monde du travail pour l’aider dans sa recherche ou encore, accorder des aides ponctuelles aux employeurs qui engagent un senior à l’instar du canton de Neuchâtel ou de l’Allemagne. Quelques pistes que Genève pourrait explorer et ainsi bénéficier des nombreuses qualités des seniors dont leurs compétences, leur longue expérience professionnelle, leur loyauté à l’employeur et leur disponibilité.

Cependant, afin de mieux cerner les problématiques liées à l’emploi des seniors – et de tous les chômeurs – et ainsi avoir une meilleure visibilité dans l’optique de proposer des mesures plus fines, il est primordial d’affiner les statistiques cantonales. En effet, à contrario de ce qui se fait au niveau suisse, les données disponibles sont pauvres, très pauvres. Du moins celles à disposition des genevois. Mais peut-être existent elles déjà dans un bureau du département de l'emploi, des affaires sociales et de la santé… 

 

[1] Source : OCSTAT moyenne des personnes actives entre 2011 et 2015 ayant entre 50 et 64 ans.

[2] Source : ESPA évolution future de la population @OFS.

[3] Source : OCE.

[4] Source : Rapport du secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) d’août 2016 sur le chômage des personnes âgées de 50 ans et plus.

Écrit par Nathalie Fontanet dans Genève | Tags : genève seniors, emploi, chômage | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Vous omettez de citer l'un des facteurs & ses corollaires fatidiques, aux premiers licenciements - un peu trop "faciles" pour l'employeur dans ce genevois - dès la tranche des 25-34 ans passée, d'augmentation des charges patronales: les barêmes de cotisations LPP. Entraînant une dramatisation des situations en sous-emplois précaires aux cotises 2me pilier infimes, des licenciés devenus "trop coûteux". Au regard desquels les cotisations AVS restent plafonnés à un taux pathétiquement irréaliste.

Formation? Faut arrêter de prétendre à l'absence de qualification des séniors, nombreux sont des chômeurs bourrés d'expérience licenciés parce que trop qualifiés-trop chers et non ré-engagés ailleurs.

Face à la stratégie de licenciements de quadras/quincas pour remplacement par jeune peu ou non expérimenté à former, avec baisse salariale pour le poste à la clé. Avec résultats satisfaisants pour les employeurs: réduction générale des standards salariaux atteinte entre-temps.

Améliorer la situation de l'emploi des séniors implique la responsabiliation fiscale-employeur et implique celle des jeunes tout autant, mais également de revoir l'ensemble du système des assurances obligatoires.

Le serpent GE-Emploi 2018 s'est confortablement installé dans les sous-traitances. Les syndicats restent en retard d'une génération dans leurs CTT. La FER s'inquiète des menaces fiscales de l'UE.
Pendant que le salarié-contribuable fait le grand-écart entre réduction de temps de carrière, instabilité d'emploi et rallongement de sa vie de salarié.

Solutions en vue? La porte de l'auberge dont on n'est pas prêt de sortir, va être élargie.

Écrit par : divergente | 23/01/2018

Merci de votre commentaire.
Je vous rejoins sur la question des charges sociales qui augmentent pour les employeurs avec l'âge du salarié. Elles sont sans aucun doute un facteur quant à la difficulté des 50+ de retrouver un emploi. Neuchâtel propose d'ailleurs la prise en charge des cotisations 2ème pilier 12 mois dès 50 ans et 18 mois dès 55 ans comme mesure incitative.
Nathalie Fontanet

Écrit par : Nathalie Fontanet | 23/01/2018

Bonjour et merci pour cet article fort instructif.
Étant en recherche d’emploi depuis plusieurs années, pour rester dans le coup, j’ai opté pour l’intérim....en France.
En effet, bien que de nationalité suisse, je vis en France, en handicap supplémentaire, malheureusement.
Une piste : en France, pour l’embauche d’un senior de plus de 55 ans, les employeurs sont exonérés de tout ou partie des cotisations sociales.

Bien à vous

C. Gauthier

Écrit par : Gauthier | 23/01/2018

Merci de votre commentaire.
Effectivement c'est une piste. Le canton de Neuchâtel propose comme mesure incitative lors de l'engagement d'un senior la prise en charge des cotisations 2ème pilier pour une période de 12 mois dès 50 ans et 18 mois dès 55 ans.
Bien à vous
Nathalie Fontanet

Écrit par : Nathalie Fontanet | 23/01/2018

Merci pour tous ces commentaires. Pour ce qui me concerne, je suis entièrement d'accord avec les propos de divergente | 23/01/2018. Bien à vous
Vittorio Argentieri

Écrit par : Argentieri | 24/01/2018

L'un des problèmes que nus avons, à 61 ans, c'est le peu de perspective pour le futur. Ceci ne nous rend pas très attrayant pour un employeur. D'autres part, bien de nos métiers ont disparu ou sont en voie de disparition à Genève. Il ne reste presque plus rien de la grand industrie mécanique des machines outils. Nos formations et nos connaissances n'ont pas cessé d'évoluer, mais ont rarement été sanctionnées par des certifications. Et le nombre de places à disposition ont fondu comme neige au soleil (V. ABB Sécheron).
Comme en plus l'OCE a été complètement désorganisé, avant nous avions des offices par type de métier, avec des conseillers qui connaissaient la réalité de ceux-ci, aujourd'hui un conseiller doit s'occuper aussi bien d'une lavandière, d'un horloge, d'une comptable ou d'un technicien en mécanique. Nos métiers n'existent même pas dans le système informatique.
Quant à recevoir le sésame, l'assignation, c'est plus rare et difficile à trouver que le Graal. Un exemple: le 5 janvier, j'étais à l'OCE pour rendre mes documents de chômage et j'ai consulté les bornes qui sont censées renseigner sur les places disponibles: pas une seule pour Genève ni dans l'industrie, ni dans les méteir plus spécialisé de l'industrie.
Alors que sur JobUp et sur Indeed à la même époque vous trouviez une quinzaine de postes, chacun, et différents.
J'attends toujours les emplois de la fameuse préférence cantonale!
Pensez-vous que l'on va vous aider avec une formation, que l'on va vous proposez de suivre une formation? Que neni.
On vous propose de rencontrer tous les 6-8 mois une association qui va vous apprendre à faire un CV et une lettre de motivation. Pire, l'OCE s'est enorgueilli de proposer un nouvel outil pour les chômeurs, sur lequel ils veulent qu'au moins 80% des chômeurs soient formés, cet outil doit apprendre au chômeur à se rendre différents des autres en apprenant à faire un CV , une lettre de motivation, un entretien d'embouche, tout différents sur le même outil ?!?!?
L'Etat pourrait faire d'une pierre deux coups. Offrir aux employeurs d'engager pour les 4-5 dernières années de sa vie professionnelle un chômeur qualifié, et un jeune fraîchement sorti de l'école. L'un transférant son expérience et son Know-how à l'autre qui l'informerai sur les dernières découvertes enseignées en HES ou EPF. Le salaire du premier serait decrescendo ( compensé par l'Etat), et le salaire du second serait crescendo pour le second (également compensé par l'Etat) les compensations se faisant sur la base du calcul des AIT ou des ARE.
Les salaires devraient être contrôlés par la commission tripartite sur la base des salaires moyens calculés par le SECCO.
Pour ces chômeurs >= 60 ans une Caisse d’assurance 2ème pilier spéciale devraient être créées pour les chômeurs,basées sur la capitalisation, et dans laquelle les chômeurs pourraient transférés une part ou la totalité de leur compte de libre passage, puis leurs cotisations en cas de retour au travail. Elle pourrait être gérée par la FER et les syndicats.

Écrit par : Jean-Claude Huggel | 24/01/2018

Bonjour,

Avec 2 amis, nous lançons une startup d’aide à domicile. Nous employons uniquement des 50+ et des retraités pour aider nos clients.

Nous sommes présents dans toute la Suisse romande !

Écrit par : Julien Baertschi | 30/01/2018

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