26/03/2018

Le triste parcours du chômage à l’aide sociale

genève,chômage,emploiOù vont donc les chômeurs en fin de droits, si les chiffres du chômage sont stables ? L’évidence, c’est qu’ils sont en grande majorité désinscrits de l’Office Cantonal de l’Emploi. Ceci alors que, même en fin de droits, un chômeur conserve en théorie le droit d’être inscrit comme chômeur, et de bénéficier des prestations cantonales ainsi que du suivi de l’ORP.

Beaucoup n’ont pas immédiatement droit à l’aide sociale, notamment s’ils ont une petite épargne ou un bien immobilier, ou lorsque leur conjoint dispose de revenus suffisants. Ces personnes disparaissent des statistiques. Et perdent, de cette manière, les avantages de la fameuse « priorité cantonale à l’embauche », réservée aux chômeurs inscrits auprès de l’OCE.


Lenteurs coupables

Une partie d’entre elles se retrouve quelques mois plus tard malgré tout à l’Hospice général. Elles ont vendu leur appartement, leur voiture, épuisé leurs petites économies. Dans de nombreux cas, leur situation personnelle et familiale s’est dégradée. Leur santé aussi. Après deux ans de chômage, plusieurs mois livrés à eux-mêmes, ces personnes doivent suivre un stage d’évaluation à l’emploi avant d’être énergiquement soutenues par le service de réinsertion professionnelle (SRP) de l’Hospice général. C’est en tout cas le principe voulu par le peuple, qui a soutenu en 2011 la loi sur l’insertion et l’aide sociale (LIASI). Sauf que l’on attend trois mois pour débuter ce stage. Et après la fin du stage, trois mois encore avant le premier rendez-vous avec l’assistant social du SRP. Au final, 6 mois de perdus, plus les mois de galère dans le « no man’s land » entre la fin des droits au chômage et le début de ceux à l’aide sociale. Ajoutez à cela 6 mois en moyenne pour obtenir une première mesure d’insertion !

Cette nonchalance dans le suivi des chômeurs est parfaitement démontrée par le rapport 1146 évaluant la mise en œuvre de la LIASI. Le rapport observe que « le taux annuel de retour en emploi des bénéficiaires de l’aide sociale suivis par l’Hospice général (HG) n’a pas augmenté depuis 2012 et que la durée de perception de l’aide sociale a augmenté pendant la période observée ». Pour être plus précis, le nombre de dossiers avec prestations financières suivis par l’Hospice général a augmenté de 20% de 2012 à 2016. Cette hausse serait même de 33% si 1380 personnes n’étaient pas sorties du dispositif grâce aux prestations complémentaires familiales.

La lenteur des services de réinsertion est en cause. En effet, le nombre de nouveaux ayants droits à l’aide sociale a peu augmenté durant la législature. Mais la durée d’aide moyenne d’une personne suivie par l’Hospice est passée de 22 mois à 30 mois. Le taux de dossiers clos dans les 3 mois a régulièrement baissé, de 25% à 19%. On apprend aussi que seulement 20% des personnes suivies par le service de réinsertion professionnelle de l’Hospice général suivent une mesure du marché du travail.

Pourtant, ces personnes méritent qu’on s’intéresse sérieusement à elles et que tout soit mis en œuvre pour les aider à retrouver un emploi !

 

Écrit par Nathalie Fontanet dans Genève | Tags : genève, chômage, emploi | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci d'en parler Madame, vivement le départ de MM Poggia et Barbey et de Mme Huttenmoser.

Écrit par : chomage | 26/03/2018

Merci Madame de ces précieuses informations. Bonne journée.

Écrit par : Gutowski -Zumofen Danièle | 28/03/2018

Si l'Economie ne veut pas de certain chômeurs, parce qu'elle estime qu'ils sont trop âgé, de santé fragile, aucune mesure ne peut changer les choses.
On atteint les limites du libéralisme.

Les aides à l'insertion, c'est aussi l'occasion de fermer le yeux en se disant que tout a été fait même si ça ne fonctionne pas.

Lorsque le système libéral créé des exclus et s'en lave les mains, l'Etat doit reprendre de rôle de gendarme régulateur et faire payer à plein cette partie de l'Economie qui se soustrait à la responsabilité sociétal.

La liberté ne veut pas dire se soustraire à ses responsabilités. Taxer les irresponsable de l'Economie reste malheureusement le seul langage compris par eux.

Écrit par : motus | 28/03/2018

j ‘ai été moi même au chômage pendant une longue durée et avec un mélange de travail et de chance j’ai retrouvé un emploi. Je suis dans une très bonne période et je constate de plus en plus qu’il y a de nombreuses opportunités de trouver du travaille. C’est juste incroyable les opportunités qui sont possibles mais il faut voir la relation employeurs employé d’une manière nouvelle.

Il y a un grand travail à faire sur soi-même de remise en question et qui a pris des années dans mon cas et qui n’est pas terminé mais qui est passionnant. Je pensais pas dire une chose pareille un jour quand j’étais au chômage.

J’ai bénéficier de cours au chômage qui étaient très intéressant et mon aidé à enclencher ce processus de changement personnel. N’attendez pas trop que le chômage vous trouve du travail mais ils peuvent proposer de bon cours ou formation qui peuvent être des atouts.

En tous les cas travaillé sur vous même sur vos projets sur vos envies cela va vous aider à être claire sur ce que vous voulez faire dans la vie et c’est une grande force.

Écrit par : graf | 29/03/2018

j ‘ai été moi même au chômage pendant une longue durée et avec un mélange de travail et de chance j’ai retrouvé un emploi. Je suis dans une très bonne période et je constate de plus en plus qu’il y a de nombreuses opportunités de trouver du travaille. C’est juste incroyable les opportunités qui sont possibles mais il faut voir la relation employeurs employé d’une manière nouvelle.

Il y a un grand travail à faire sur soi-même de remise en question et qui a pris des années dans mon cas et qui n’est pas terminé mais qui est passionnant. Je pensais pas dire une chose pareille un jour quand j’étais au chômage.

J’ai bénéficier de cours au chômage qui étaient très intéressant et mon aidé à enclencher ce processus de changement personnel. N’attendez pas trop que le chômage vous trouve du travail mais ils peuvent proposer de bon cours ou formation qui peuvent être des atouts.

En tous les cas travaillé sur vous même sur vos projets sur vos envies cela va vous aider à être claire sur ce que vous voulez faire dans la vie et c’est une grande force.

Écrit par : graf | 29/03/2018

Chère Nathalie,
Le problème est plus profond. J'ai 61 ans (le 25.4), je suis au chômage depuis août 2016.
J'ai pu constater (c'est ma 3ème période depuis 2010) une singulière détérioration des services de l'OCE/ORP. non pas à cause des conseillers, mais à cause de dirigeants incompétents.
Avant l'ORP était organisé par métier, les conseillers connaissaient votre métier, connaissaient les entreprises qui pouvaient vous engager, et surtout connaissaient le marché du travail de votre secteur. Les entreprises pouvaient appeler les conseillers et recevoir plusieurs chômeurs pour leur place de travail.
Aujourd'hui, plus rien de cela, les conseillers doivent s'occuper de tous les métiers,d'ailleurs ce ne sont plus des conseillers, ce sont des contrôleurs.
Rien 'est fait pour aider le chômeur à retrouver du travail.
Je suis Mécanicien auto (CFC), diplômé ET en Mécanique. Il parait que mon CV est impressionnant, mais pas un seul interview !
A Genève, la mécanique est en voie de disparition, nous Technicien, ingénieur en mécanique ou simple mécanicien devons nus reconvertir dans des professions plus actuelles. Et nous y sommes prêt et tout à fait capable d'apprendre en 6-8 mois un nouveau métier. C'est d'ailleurs une des recommandations du SECCO. Mais à Genève, cela n'est pas la priorité. La priorité c'est d'apprendre à écrire un CV à faire une lettre de motivation et surtout pas à vous mettre rapidement en condition de retrouver un travail. C'est aussi de donner chaque mois la preuve que vous avez fait 10 recherches. Peu importe où mais dix et si c'est pour se retrouver dans un poste de balayeur quand vous avez été sous-directeur dans une banque c'est parfait, vous n'êtes plus chômeur. La honte c'est que Mr Barbey (viré de l'assurance Assura pour problème de gestion !) et Mr Poggia, ont eu la lâcheté de dire que c'était une décision du Secco, ce qui est totalement le contraire des recommandation de ce secrétariat.
Quand, vous proposez une formation qui correspond à vos compétences mais qui est en plus certifiante ( dans les années 80 pas de diplômes ou de CFC de formateur) on vous répond pas la négative, parce que la formation est trop longue (8 samedis entre juin et décembre plus les travail de diplôme en Janvier et février). On vous propose des formations "bidons". Vous êtes donc obligés de financer vous même cette formation.
Pourquoi ne pas faire un vrai travail d'aide aux personnes en recherche d'emploi?
Les accueillir et commencer par faire un bilan des compétences et suite à cela une orientation soit vers une formation continue qui lui permet de se remettre à niveau, soit une formation certifiante qui lui permet de se réorienter vers un autre métier?
Quant à la fameuse préférence genevoise, la désorganisation est telle à Genève que je n'ai eu des assignations pour des places d'autres ORP dans les cantons voisins.
Une vaste blague en fait!

Écrit par : Jean-Claude Huggel | 30/03/2018

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